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Pourquoi je suis resté un mois dans la même Auberge de Jeunesse !

En 2014, j’ai été « contraint » de prendre 2 mois de vacances suite à la fermeture de mon lieu de travail pour travaux.
Que faire pendant deux longs mois … me refaire l’intégrale de Friends, Lost et Doctor Who depuis mon canapé ?
Non ! Je décidais de partir seul découvrir l’Amérique du Sud. Tellement plus palpitant qu’un écran télé !

Le continent sud américain me faisait de l’oeil depuis quelques temps, et en particulier le Chili.
J’ai choisi Santiago arbitrairement comme point d’atterrissage. Cela me paraissait un bon début pour commencer un périple sur le continent américain. Le billet d’avion était également beaucoup moins cher que pour un atterrissage, par exemple, à Lima au Pérou. Mille euros de moins c’est presque un budget vacances !

 

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Santiago

 

Santiago est la capitale du Chili depuis 1541. C’est une ville tentaculaires de 640km² soit la bagatelle de six fois Paris. Elle comporte cependant beaucoup moins d’habitants, car pour l’agglomération totale, elle compte que 7 millions d’âmes.
C’est une des seules capitales au monde, dans laquelle vous pouvez aller skier dans la matinée, dans la cordillère des Andes, et aller vous baigner en fin d’après-midi près de la côte, à Valparaiso.
J’y suis resté un sacré bout de temps ce qui ma permis d’apprécier cette ville. Ce n’est pas gagné, car aux premiers abords, Santiago m’a fait penser à une ville défraîchie des années 80.

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Une histoire récente difficile

 

L’histoire récente du Chili est encore très ancrée dans la mémoire des habitants.
Salvador Allende Gossens, élu président démocratiquement en 1970, tente de redresser le pays et réussit dans sa première année de mandat. Son combat a été mené de la sorte : nationalisation totale du cuivre (le cuivre est la première richesse du Chili), rachat des entreprises privées, réforme de l’agriculture et diverses mesures sociales, dont une forte augmentation des salaires. La situation se détériore l’année d’après.
Le 11 septembre 1973 Augusto Pinochet lance un coup d’état militaire. Il bombarde le palais présidentiel, la Modena. S’ensuit la mort de S. Allende dont l’histoire retient deux versions. Je ne pense pas qu’on sache un jour ce qu’il s’est réellement passé.

  •  Acculé devant Pinochet et ne voulant pas se rendre il préfère se donner la mort.
  •  Pinochet l’exécute lui même.

Après le coup d’état de Pinochet, la dictature s’installe peu à peu dans le pays.
Finalement, en 1988 un référendum est organisé dans tout le pays dans le cadre des dispositions transitoires de la constitution chilienne de 1980. Ce référendum permettant à Pinochet de rester au pouvoir jusqu’en 1997. Le peuple chilien descend dans le rue pour soutenir le « No ». Non à la dictature chilienne de Pinochet, oui à l’élection démocratique d’un président. Les enfants de parents ayant élu 15 ans plus tôt le Président Allende, sont présents pour le retour à une démocratie qu’ils n’ont jamais connu.

Le résultat : 44% des suffrages ont été pour le « OUI » comme dans « oui je veux maintenir la dictature » 56 % pour le « NON » pour « non je ne veux plus de cette dictature ».
Augusto Pinochet a d’abord voulu rejeter le résultat mais fini par céder sous la pression du peuple.
Le 14 décembre 1989 ont enfin lieu de nouvelles élections présidentielles démocratiques.
Je vous invite d’ailleurs à regarder le film NO! qui s’inspire de cette élection de 88.

 

 

 

 

Mon auberge : Andes Hostel

 

 

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C’est en parcourant le Lonely que je suis tombé sur cette auberge de jeunesse. Elle était plutôt bien cotée, en plus d’être bien placée. Le lobby était grand et moderne, il comprenait un billard qui se transformait en table de beer pong. Un bar, avec personne pour servir certes, mais un bar quand même. Un distributeur de boissons, de quoi mettre de la musique, un grand écran de télé ! Que demande le peuple ?
Du lobby, vous pouviez descendre dans la cuisine où je disposais de tout le nécessaire pour cuisiner. Du lobby également vous pouviez descendre dans une autre salle avec un écran de télévision géant et un canapé. C’était un chouette endroit pour se détendre et être au calme.

En une semaine j’avais déjà fait énormément d’activités ! J’avais déjà visité le cimetière général de Santiagovisité et mangé au Marché géant, fait déjà au moins deux musées, des églises , gravir le Cerro San Cristobal et fait quelques lieux insolites !

 

« À gauche c’est Kika, la chienne la plus obèse de Santiago. C’était une chienne errante mais elle était autorisée à séjourner dans l’auberge. Je l’ai croisée un bon nombre de fois lorsque je me baladais dans Santiago, elle s’adonnait à son activité favorite : faire les poubelles »

 

 

 

Et là, c’est le drame !

 

Au bout d’une semaine à Santiago, après une soirée bien arrosée, je me suis fait entraîner en boîte de nuit avec groupe hétéroclite de voyageurs rencontrés à l’auberge. Ayant perdu mes compagnons d’un soir, je m’étais décidé à rentrer seul, la nuit, à pied, à mon auberge. C’était globalement tout droit, puis à gauche après le pont, puis tout droit.
Sur le chemin quatre jeunes sortis de je ne sais ou, m’ont agrippé et m’ont volé tout mon bazar.. Cela comprenait ma carte bleue, mon passeport (il le fallait pour rentrer en boite), mon téléphone portable, mon blouson (qui contenait la photocopie de mon passeport dans une doublure) et un peu de liquide …  J’ai donc terminé ma soirée au poste de Police. N’ayant personne de disponible à cette heure tardive/matinale, parlant anglais, et me voyant encore sous le choc ils m’invitent à revenir le lendemain. Ils me déposent même à mon auberge. Je souligne la gentillesse de la police locale 🙂

 

 

Que faire dans ce cas ? Contacter ses parents… C’est compliqué sans téléphone portable ! Je remercie d’ailleurs mon ami Julien d’avoir été présent et connecté sur facebook à ce moment là. Il a pu joindre, et accessoirement réveiller mes parents, pour qu’ils puissent me rappeler à l’auberge.

Nous mettons en place un plan afin que je puisse rapidement poursuivre mon voyage. Tout d’abord, bloquer mon téléphone et m’occuper de récupérer un passeport temporaire. Mes parents s’occupent de contacter la banque en France afin de bloquer ma carte bleue.

Reste le problème de l’argent … C’est compliqué de voyager, alors que je ne peux même pas payer l’hôtel pour quitter la ville ! Mes parents s’arrangent pour me faire des Western Unions. J’aurais pu le faire directement via mon compte en banque, mais suite au blocage de ma visa pour vol je n’en avais plus la possibilité ! (Sinon ça aurait été trop facile)
Je ne remerciais jamais assez mes parents de m’avoir (beaucoup) aidé dans cette petite passe difficile. Sans eux je me serais fait rapatrié en France, au bout d’une semaine de vacances …

 

La course aux papiers !

 

Se rendre au poste de police, porter plainte pour vol de Passeport : c’était un sketch. Aucun policier ne parlaient anglais. Petit détail, je ne parle pas espagnol, ça aurait été trop facile. J’ai l’impression qu’ils m’avaient mis avec le dernier bleu arrivé au poste. C’est donc par google translate interposé que j’ai déposé ma plainte =)

Ça a pris du temps, et je salue sa patience ! S’ensuit un passage à l’ambassade de Belgique, fort heureusement il y en avait une dans la capitale Chilienne ! Mais il faut trois semaines pour se faire délivrer un papier officiel .. Même temporaire !
La carte bancaire encore pire … Il a fallu un temps fou pour faire comprendre à ma banque que j’en avais besoin au Chili et non dans ma boite aux lettres en France ! Faire comprendre que le code secret, envoyé sur mon portable volé, ce n’était pas une très bonne idée non plus !
Petit clin d’œil à ma banquière de l’époque, qui ne l’est plus après cet épisode épique 😉

 

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Vis ma Vie en Auberge de Jeunesse \o/

 

Passer autant de temps au même endroit avec un « budget limité » m’a permis de faire une multitude d’activités, certaines pour passer le temps, d’autres pour enrichir mes échanges culturels =)

  • Je suis allé un bon nombre de fois en boîte de nuit alors que je le fais jamais en France. Je sortais avec le staff de l’auberge, on ne faisait pas la queue et passait devant tout le monde. Cool !
  • Je suis allé en soirée (grosse soirée) dans une maison abandonnée !
  • Je me suis refait l’intégrale de Harry Potter dans la salle télé.
  • J’ai assisté à Santiago au bord de l’hystérie lorsqu’ils ont gagné la Copa America !
  • J’ai vu une pièce bourrée de Brésiliens au bord des larmes lorsqu’ils se sont pris 7-1 face aux Allemands. Egalement une Allemande qui rigolait toute seule dans son coin et qui a jugé bon de ne pas parler de son pays d’origine.
  • Du Pisco ! J’ai bu beaucoup de Pisco !
  • Je me suis initié au karaoké. Une boite faisais les deux. Oui j’ai chanté, et même en portugais, après quelques bières =)
  • J’ai lu Shantaram, en anglais, en une semaine. Lisez le c’est génial.
  • J’ai fait un poulet basquaise pour 15 personnes
  • On m’a préparé des plats de grand mère typiquement Chiliens (Merci JP !)
  • J’ai fait le guide touristique pour les nouveaux arrivants à l’auberge. C’est dingue quand on a plus de portable, on est obligé de parler aux gens !
  • J’ai appris au moins six mots en Espagnol ! (sept tout au plus)
  • On m’a traîné plusieurs fois dans des « Cafes con piernas », parfois un peu douteux
  • J’ai pu assister à un vernissage d’une exposition d’art (une personne du staff y exposait, sinon je n’aurais jamais été au courant)
  • J’ai fait du guacamole pour 18 alors qu’on était que 6. Au mixeur, les Sud-Américains ont failli m’étriper !

 

 

Épilogue

 

Voilà comment je suis resté 1 mois dans la même auberge de jeunesse … Trois semaines d’attente certes, mais surtout un mois de découverte de Santiago et de rencontres inoubliables. J’ai même déjà revu des personnes que j’avais rencontré à ce moment là, à l’autre bout du monde. Quatre ans après je suis encore en contact avec certains. Même, certes, d’un peu loin, mais on communique encore !
Cette galère m’a totalement changé les vacances, je ne sais pas si je voudrais modifier cela si j’en avais le pouvoir.

Mais j’ai finalement pu reprendre la route ! J’ai mis le cap sur Arica, dans le désert d’Atacama ! J’y suis d’ailleurs rejoins par un pote, Jim, rencontré à l’auberge Andes !
Quitter l’auberge m’a au final fait un petit pincement au cœur ! J’y suis même retourné avant mon départ pour Paris car mon vol retour était de toute manière à Santiago ! Quand on aime, on ne compte pas !

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